En vos mots 974

Parce que Noël est dans quelques jours, j’ai choisi pour ce nouvel En vos mots une illustration signée Howard McWiliam, en espérant qu’elle suscitera de nombreux commentaires, lesquels ne seront pas validés avant une semaine, comme le veut l’habitude.
Vous avez donc plus que le temps de soumettre un texte, en prose ou en vers, de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, et même de les commenter si vous le souhaitez. Nous vous lirons avec grand plaisir.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
Il avait bien pensé prendre sa retraite. Mais il y avait les étoiles si nombreuses et si brillantes dans les yeux de tant de petits. Et sa retraite, il l’avait déjà prise à vrai dire il y avait plus de cinq ans. C’était même à ce moment-là que pour arrondir son allocation et pouvoir continuer à offrir des cadeaux à ses petits-enfants, il avait commencé à louer ses services annuellement afin de constituer le clou du cortège de Noël de sa commune. Un cortège qui parcourait quelques kilomètres, et lui faisait apprécier le soir venu un bon bain de pieds chaud à la lavande et à la camomille.
Entre-temps, ils ne venaient plus le voir très souvent, ses petits-enfants. Ni à Noël, ni en d’autres temps. Même le téléphone semblait être devenu une fonction désuète sur leur smartphone. Mais tous les gosses du quartier attendaient sa venue avec impatience. Et toute l’année son chien Rudolph, promu une fois l’an grand renne du Père Noël, se réjouissait du fabuleux plaisir de sa soirée de Noël au chaud, le devoir accompli et sa gamelle joliment garnie.
Commentaire by anémone — 25 décembre 2025 @ 7:57
En me promenant de bon matin autour du carré Saint-Louis, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux mots du poète.
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Noël, sur la pauvre toiture,
Comme un De Profundis, s’abat.
…
Je me suis dit qu’il veille, silencieux, sur les maisons victoriennes colorées, qui font le bonheur des cartes postales et l’admiration des amateurs de photographie et des promeneurs.
La neige froide et dure craquait, d’un bruit joyeux, sous mes pas, sans effrayer nullement les écureuils matinaux. Toujours espiègles, malgré le froid.
Que j’aime cette quiétude hivernale. Qui ressemble tant à l’image de Noël de mes rêves d’enfant.
Rue Sherbrooke, tout est si calme. Un autocar presque vide, un camion rouge avec un grand Coca-Cola écrit sur le côté, et puis, quelques voitures timides.
Je guette dans les maisons les décorations de Noël et je déchante. Quelqu’un a mis un père Noël en plastique made in China sur l’appui de sa fenêtre. Cela manque d’âme. Ou alors c’est moi qui suis trop rêveur. Les temps changent. C’est ce qu’on entend. Partout. Je vais finir par m’y faire. Un jour.
En me promenant dans la ville presque déserte, je dessine, dans ma tête, des images heureuses, et je me fredonne, façon karaoké, quelques morceaux de chansons de saison. Que des classiques. J’avoue une préférence pour Marie-Noël. Et la voix de Claude Gauthier, dans mes silences heureux. Qui me réchauffe le cœur.
C’est Noël. Le temps de tous les possibles. Même d’y croire avec le sapin de Noël et trois flocons de neige … et une envie têtue de ne pas en douter.
Commentaire by Armando — 27 décembre 2025 @ 7:18