En vos mots 956

Déjà un autre dimanche, mais un dimanche particulier puisque c’est le premier de mes vacances. J’espère que je pourrai lire un peu, comme la lectrice de l’artiste Ferdinand von Řezníček, et pas principalement trier tout ce que j’ai transporté de chez moi.
Je vous la confie donc, afin que vous la racontiez en vos mots, comme vous le faites si bien semaine après semaine. Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera visible avant dimanche prochain. Vous avez donc amplement le temps de concocter une histoire et de lire celles déposées sur la scène livresque de la semaine dernière. C’est avec plaisir que nous vous lirons.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
Si mes souvenirs ne trahissent pas la vérité, ce qui n’est pas certain, elle avait le regard de ceux qui se résignent à la couleur des jours.
Ne me viennent à l’esprit que les premières couleurs d’un automne naissant et son regard. Qui s’allumait aux mots de sa vie. Ces morceaux d’hier, si présents, qu’elle aimait toujours autant. Si pas plus. Mais autrement.
Parfois elle regardait la fenêtre où dormait paisiblement un vase de lys blancs. « Ils sont beaux », disait-elle avec un sourire. Et je ne lui répondais que oui. Qu’ils étaient beaux. Il y a des moments où les mots sont plus rares que les silences. Ce qui perdure dans nos mémoires n’a pas besoin de mots. Et c’est bien ainsi. Camille Laurin disait que la langue est « le fondement d’un peuple ». Et c’est vrai. Cependant, le silence est le seul langage universel. Celui que nous pouvons tous comprendre. Le silence est comme un funambule qui promène sa fragilité dans nos pensées. Longtemps. Les mots, on les oublie. Même ces mots d’amour qui nous manquent tant. Alors que les silences. La force d’un sourire silencieux. Ça cogne.
Et toujours son regard silencieux sur la fenêtre où les lys blancs impassibles semblaient endormis. Ou faisaient semblant. Des fois je me demande.
Commentaire by Armando — 19 août 2025 @ 4:14
Sa joie se lit sur son visage, resté trop longtemps soucieux. Enfin elle peut se poser et prendre un livre. Enfin un moment de libre. Bien sûr, il est un peu volé à toutes les tâches qui l’attendent. Mais elle est bien décidée à s’asseoir ainsi chaque jour maintenant. Et bien plus que quelques minutes dérobées au temps qui passe.
Il est vrai que l’emménagement et les tris qu’il entraîne restent une fatigue, et l’empêchent de se sentir vraiment en vacances. Mais en même temps elle aura ici sa bibliothèque, et aménager son espace comme il lui convient constitue une aventure enthousiasmante.
Cette pièce donne sur le jardin, lui offrant le spectacle incomparable d’un vert paysage et la douce compagnie des oiseaux. Hier elle a même cru que l’un d’eux s’était posé délicatement sur son épaule, portant dans son bec une pièce d’or. Elle avait dû rêver, s’assoupir un instant. Elle est si harassée. Depuis combien de mois n’a-t-elle pu prendre un peu de repos?
Toute cette privation de lecture et de répit comporte cependant il faut le dire un bel atout: elle jouit maintenant encore davantage de son plaisir. La détente lui permet de souffler avec d’autant plus d’aise. Et de partager à nouveau avec délice les aventures d’inconnus et inconnues aux destins desquels elle s’attache et qui lui deviennent autant d’amies et d’amis. Plus réels et palpables parfois que ceux qui ne sont pas de papier.
Commentaire by anémone — 21 août 2025 @ 11:54