Lali

2 novembre 2009

Il avait l’âge de jouer au cowboy

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Il avait l’âge du petit lecteur peint par Stephen Gjertson.
Huit ans… l’âge où les rêves trébuchent si souvent sur une réalité faite de cowboys et d’Indiens, de ballons qui s’invitent dans la maison, à l’heure de la collation, de quelques rires et de la certitude de devenir le héros d’un roman d’aventures quand on sera grand. Quelquefois, c’est l’âge où, de porte en porte, on tente de vendre des tablettes de chocolat pour pouvoir financer une quelconque activité scolaire. Huit ans… L’âge où on oublie parfois que ce n’est pas l’âge de tous les enfants du monde…

Je l’ai encore découvert, il y deux jours, en ouvrant la porte derrière laquelle se trouvait un enfant souriant timidement à qui je m’apprêtais à acheter chocolat, billet de tirage ou autre babiole qu’il avait dans son sac, quand, à ma grande surprise, il a sorti de celui-ci un magazine des témoins de Jéhovah.

Je n’ai rien contre ces derniers. Ils ont le droit de faire leur sale boulot de nous avertir que la fin du monde est proche. Dans quelques heures, demain, un jour. Comme j’ai le droit de ne pas leur ouvrir, ce que je fais habituellement, puisqu’ils sont reconnaissables à un kilomètre à la ronde. Mais là où je m’insurge, c’est qu’on utilise des enfants pour transmettre le message.

Je trouve cela ignoble, voire immonde. Et si je n’avais pas été au téléphone, je crois que j’aurais enfilé mon manteau pour aller dire ma façon de penser à l’adulte qui devait traîner dans le coin, fort heureux que plus petit que lui se farcisse les escaliers. Usant de celui-ci pour que les portes s’ouvrent afin que l’adulte puisse dire à son « chef d’équipe » que tel nombre de magazines avaient été distribués et ainsi se targuer d’avoir réussi sa « mission ».

« Un enfant, qu’est-ce donc? Un morceau d’amour égaré, un miroir, une victime, un signe du temps en marche », a écrit Francis Bossus. Hélas, ai-je envie de dire à la lumière de mon expérience de samedi matin.

8 septembre 2009

Donnons le pouvoir de s’exprimer à ceux qui ne l’ont pas!

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Chaque fois que nous apprenons à lire à quelqu’un, que nous aidons quelqu’un qui a du mal à lire, que nous encourageons quelqu’un à apprendre à lire, nous lui donnons le pouvoir de s’exprimer. Voilà pourquoi une journée comme celle d’aujourd’hui, la Journée mondiale de l’alphabétisation, est si importante.

Car 776 millions de personnes sur la planète ne savent pas ou peu lire. 776 millions de personnes ne sont pas outillées pour prendre des choix éclairés pour elles-mêmes, pour leur famille, pour la collectivité à laquelle elles appartiennent. Oui, 776 millions de personnes à l’heure de la mondialisation, des frontières qui s’ouvrent, des communications qui sont en constant essor. 776 millions de personnes dont les droits sont bafoués.

Ne les laissons pas se taire. Ne les laissons plus à l’écart. Demandons, nous qui savons lire, aux gouvernements de toutes les nations, de bouger. « Il est temps que le droit à l’éducation de toutes les personnes, quel que soit leur âge, devienne une réalité pratique », tel est le message de Koïchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO.

*toile de John Morgan

13 mars 2009

Ça me démange!

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Ça me démange. C’est même dingue à quel point ça me démange. Mais je me retiens. Je ne corrige pas les fautes de grammaire ou de frappe dans les livres que j’emprunte à la bibliothèque. Parce qu’on n’a pas le droit. Parce que ça ne se fait pas. Parce que c’est un manque de respect.

Tout de même, une question survient. Il est où le manque de respect? Dans le fait de ne pas offrir aux lecteurs des livres impeccables ou dans le fait de supprimer un E à la fin d’un adjectif parce que vraisemblablement le chat aurait changé de sexe en cours de route avant de redevenir un mâle plus loin, ce qui est plus ou moins vraisemblable? Et il serait où le mal dans le fait d’ajouter un D à Vilar, parce qu’Hervé n’est pas Jean?

Oui, ça me démange, mais je me retiens. Et j’alterne livres empruntés et livres qui sont à moi pour pouvoir me défouler sur les miens!

*toile de Giulio D’Anna

3 mars 2009

Vous comprenez?

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Tu es sûre que la traduction de to focus, ce n’est pas le verbe focuser?
Tu as changé particulier pour spécifique, tu trouves pas que t’exagères?
Moi, je n’aurais pas traduit ça comme ça!

Non, le verbe focuser n’existe pas. C’est un de ces affreux anglicismes qui truffent une telle quantité de documents venus de partout que les gens ont fini par croire que ce verbe existe vraiment. Non, spécifique et particulier ne sont pas des synonymes. Non, ils ne sont pas interchangeables. Non, non. Et non, je n’exagère pas.

Bien sûr qu’il n’aurait pas traduit ça comme ça, il n’est pas traducteur. D’ailleurs, est-ce que je lui dis comment faire de la comptabilité sous prétexte que je sais compter, alors que vraisemblablement, il pourrait mieux traduire que tout traducteur? Je n’oserais pas, pas plus que je ne dirais au chef que ça manque de coriandre, parce que je sais cuisiner. Pas plus que je ne prendrais le volant d’un autobus, même si je conduis depuis 30 ans. Comment se fait-il donc que tout le monde sache traduire, dites-moi?

Voilà pourquoi certains jours, dès la fin de l’avant-midi, je ne rêve que de rentrer, d’ouvrir un livre et de ne parler à personne. Vous comprenez?

*toile d’Emma Connolly

14 février 2009

Ne nous laissons pas faire!

Filed under: Revendications et autres constats — Lali @ 10:10

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Je sais que ce billet va faire tache un jour comme aujourd’hui, mais je dois absolument mentionner la chose tout de suite. Je suis trop en colère pour me taire.

Car, non, ce n’est pas normal. Et je suis en rogne. Moi qui cite toujours mes sources, moi qui me fais un devoir (et un plaisir) d’indiquer des liens, je me sens en ce moment flouée. Triste. Amère.

Qui lira ce billet de Coriolis pensera que cette personne l’a écrit, car rien n’indique que ce ne soit pas le cas. Et pourtant, il s’agit là d’un de mes poèmes publié le 5 février 2009.

Et pour que la frustration soit totale, pas moyen de laisser un commentaire à Coriolis pour lui demander de réparer les choses, parce que ce blog n’accepte pas les commentaires…

Oui, je suis en rogne. Et si d’autres vont faire un tour là-bas, peut-être auront-ils eux aussi la mauvaise surprise de constater que quelqu’un s’approprie quelque chose qui n’est pas sien. Comme double je dont le très joli billet a été repris chez Coriolis de même manière. Ou Armando, dont on a trafiqué le texte d’origine pour le faire sien ici.

Je crois qu’il est temps pour Coriolis de rectifier le tir. Et que ça doit être fait rapidement. Nul n’a le droit de s’approprier impunément ce qui n’est pas sien. Il existe des règles à respecter et là, elles sont flouées.

Puis-je vous inviter, blogueurs et blogueuses, à jeter un œil sur ce site, afin que vous puissiez voir si certains de vos textes n’apparaissent pas sans mention qu’ils sont vôtres? Pas plus que ne sont signalés le nom des artistes des toiles ou un lien vers chez eux (et dont beaucoup viennent de chez moi, tiens, tiens!)…

Non, nous ne laisserons pas passer la chose. Si Coriolis n’agit pas prestement, il faudra aviser les instances de Google et porter plainte.

9 janvier 2009

Tu n’es pas comme les autres

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La phrase est banale. Et pourtant, elle porte en elle tout ce qui différencie. Dans un sens ou dans l’autre. Exclusion et rejet, ou admiration et empathie. Tu n’es pas comme les autres, et plus de tiédeur, mais un cri ou un jugement. Tu n’es pas comme les autres et la liste des parce que qui fait pencher le plateau de la balance. Oui. Non. Pas de je ne sais pas ou d’hésitation.

Tu n’es pas comme les autres. Signe qu’on dérange. Qu’on n’entre dans un aucun moule. Qu’on ne ressemble à personne à l’heure où tout le monde veut ressembler à son voisin et passer inaperçu.

Tu n’es pas comme les autres. Qui peut pourtant être le plus beau de tous les compliments. Qui devrait l’être.

*sur une toile d’Alan Rubin

10 décembre 2008

Parce que la lecture est un cadeau

Filed under: Revendications et autres constats — Lali @ 6:04

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La lecture en cadeau, c’est l’occasion d’offrir un livre neuf à un en enfant défavorisé. Une initiative qui fête ses 10 ans d’existence et qui a permis la distribution de 165 000 neufs depuis ses débuts.

Le geste est simple. Il suffit d’entrer dans une librairie, de choisir un livre (ou plus d’un si vous le désirez) et de demander votre trousse de don lors de l’achat, ce qui vous permettra de « préparer » votre envoi à un enfant.

Tous les livres seront distribués au printemps. Il n’y a pas qu’à Noël qu’on peut faire briller les yeux des enfants!

23 novembre 2008

Les bibliophiles du dimanche 1

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Parce que se tient jusqu’à demain à Montréal le salon du livre annuel, m’est venue l’idée de réunir quelques bibliophiles, quelques dévoreurs de livres, quelques lecteurs et lectrices entourés de piles de livres, dans des bibliothèques, dans des librairies, chez les bouquinistes. Pour faire un clin d’œil à tous ceux qui aiment tant les livres.

Même si je considère que l’entrée pour un tel événement ne devrait pas être payante. Même si je trouve que cette foire annuelle court-circuite le travail des libraires – surtout juste avant les Fêtes de fin d’année – et qu’on ne devrait pas y vendre des livres. Même si j’estime que ce serait là une belle occasion pour les éditeurs de mettre en évidence tout leur fonds au lieu de mettre l’accent sur les titres parus dans la dernière année.

Je me rappelle un salon du livre à Paris où Gallimard avait aménagé de larges bibliothèques où tous les titres de toutes ses collections étaient disposés. Tous ceux qu’on ne voit jamais… ou bien trop rarement. Pas pour les vendre, mais pour les faire connaître. Je suis rentrée rêveuse…

Et malgré toutes ces considérations, malgré ce avec quoi je ne suis pas d’accord, malgré le fait que le salon n’est qu’une méga librairie, il n’en reste pas moins que si on s’y promène, si on va dans les coins reculés, puisque les meilleurs stands sont accordés aux éditeurs reconnus à prix d’or (bien évidemment), il y a encore moyen de trouver cachés quelques éditeurs peu ou pas distribués, méconnus, venus d’ailleurs ou de chez nous, et qui n’attendent qu’une chose : qu’on s’arrête. Qu’ils comptent sur la lectrice de Clare Rojas. Je crois qu’elle est fermement décidée à ratisser le salon jusqu’à épuisement… ou jusqu’à la fermeture.

Et parce que j’aime bien, chaque dimanche, trouver une façon à moi de vous présenter un thème, et parce que cette semaine est dédiée aux dévoreurs de livres, il n’y aura pas de citations, mais des slogans publicitaires émis autant par les éditeurs que par les salons et les foires.

Bon dimanche à vous tous!

14 octobre 2008

Les Moi-je

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Réunissez quelques personnes dans une pièce, des collègues de travail, les membres d’une même famille, des étudiants, peu importe le groupe. Il y aura toujours parmi eux, comme dans la toile de Jean Raoux, une personne plus frivole que les autres, un intellectuel, un sportif, quelques autres et surtout un Moi-je. Vous savez, celui qui dit toujours des trucs comme « Moi, à ta place, je… », « Moi, je crois que tu devrais… », « Moi, c’est encore pire ce qui m’est arrivé… », et avant d’interrompre une conversation parce qu’il ne sait pas placer une de ses anecdotes, le classique « Justement ça me fait penser que… » qui n’a absolument rien à voir avec le sujet en cours.

Sachez-le tout de suite, les Moi-je ne constituent pas une espèce en voie de disparition. Et tous les détours que vous prendrez pour qu’ils ne puissent pas intervenir seront tout simplement inutiles. Vous rentrez d’un pays où ils ne sont jamais allés? Qu’à cela ne tienne, ils ont sûrement un oncle qui y est allé. Vous avez loué tel film? C’était bien mieux en salle, vous avez tout raté. Of course. Vous aurez beau dire n’importe quoi, le Moi-je prendra toute la place et effacera toute trace de votre présence.

Et si jamais vous changez de groupe, ne vous bercez pas d’illusions. Il y a déjà un Moi-je qui vous a l’œil…

6 octobre 2008

J’y songe, j’y songe…

Filed under: Revendications et autres constats,Signé Lali — Lali @ 19:37

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Ce ne sont pas les mouffettes qui me dérangent le plus, c’est le message lui-même, parce que comme il y a déjà un raton laveur dans les environs, quelques bêtes de plus ou de moins… Donc, oui, le message. Truffé de fautes de français, autant d’orthographe que de style. Et affiché sur les portes de tous les immeubles, celles de devant, comme celles de derrière.

Vais-je arracher une de ces feuilles et la déposer au bureau de location révisée? J’y songe, j’y songe… Après tout, je corrige bien les menus au restaurant de temps en temps. Déformation professionnelle.

Et de plus, cette maladie est incurable.

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