En vos mots 972

C’est Chantal, mon amie bretonne, qui m’a fairt découvrir l’artiste Delphine Garcia, grâce à une carte postale. Et j’ai tellement aimé cette aquarelle que j’ai décidé de vous l’offrir afin que vous la racontiez en vos mots.
Comme d’habitude, aucun commentaire ne sera validé illico, mais plutôt dans une semaine. Vous avez donc amplement le temps d’écrire quelques lignes, de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, et même de commenter ceux-ci si vous en avez envie. Pour ma part, je rêve d’avoir enfin le temps de lire dans la baignoire plutôt que de prendre une douche rapide. Mais ça viendra. Il y a déjà moins de boîtes dans certaines pièces et les meubles trouvent leur place définitive. Je devrais donc finir par trouver du temps pour moi.
Pour le moment, bon premier dimanche de décembre et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
Combien de livres n’ai-je pas gâchés à cause d’une funeste habitude?
Je tenais à mes bains chauds, qui me délassaient le soir.
Mais le problème était que je m’endormais dans la baignoire.
Et quand je me réveillais, non seulement l’eau était désagréablement froide, mais une heure précieuse ou même davantage s’était malencontreusement écoulée.
Une idée germa donc en moi, que je trouvai d’abord géniale. C’était d’accompagner mes baignades d’un bon livre. L’un de ceux qui tiennent en haleine, et ne permettent pas de baisser la garde. J’oubliais simplement que dans mon lit, pour arriver à m’endormir après les tensions de la journée, c’était précisément un roman que je prenais, et ce avec un certain succès.
Je ne vous dis donc pas le nombre de bouquins, parfois même des exemplaires auxquels je tenais énormément, qui ont fini noyés, décolorés par le bain moussant, transformés en charpie, en bouillie, ou en morceaux que nul pansement ne pouvait plus reconstituer.
N’ayant jusqu’ici pas trouvé de solution à ce problème, je dois vous avouer que j’ai actuellement tout à fait renoncé aux bains. Oui, d’accord, je pourrais en prendre le dimanche matin et paresser à l’aise. Mais le bain était lié pour moi à la détente au retour du travail. Et le dimanche matin, d’autres tâches et plaisirs m’appellent, comme le marché dominical, ou aller m’aérer et me donner un peu de mouvement au parc.
A la soirée, je me douche donc désormais rapidement, et je rejoins au plus vite mon oeuvre favorite sous la couette. Comme si c’était un amant avec qui je vais m’endormir, certes, mais pas tout de suite. Et de fait je m’y endors tout de même bien moins vite qu’engourdie par l’eau chaude!
Commentaire by anémone — 10 décembre 2025 @ 16:15
C’était comme une étoile filante. Une étoile rare, qu’on ne voit que passer, lumineuse, et dont on garde le souvenir longtemps. Très, très longtemps. Toujours.
Elle était là. Sereine. À l’endroit précis où nous avions accordé de nous rencontrer. Je me demande comment elle a su que l’inconnu, qui s’approchait, à grands pas pressés, c’était moi. Elle ne s’était montrée nullement surprise de me voir. Une presque évidence. Comme si on était déjà amis avant de l’être.
Nous sommes allées où elle avait envie de se promener. Avons parlé de choses simples. Des nos amies absentes. Du temps qu’il allait faire. Et du peu de temps qu’on avait pour inscrire notre rencontre dans ses souvenirs de voyage.
Nous avons parlé des livres lus. De ceux qu’on voudrait encore lire. Chez Filigranes. On s’est promenés dans la forêt des rayons où dorment des mots rares, voire inconnus Nos voix ont réveillé certains mots endormis dans la poussière de leur silence depuis longtemps. Des mots d’Apollinaire, de Chateaubriand ou de Granek. Puis nous avons ri. Comme le font les enfants quand ils sont heureux d’être ensemble.
Quand tu viendras chez moi… de l’autre côté du grand lac… promets-moi que tu viendras. Je veux t’entendre dire que tu viendras… dis-le !…
Dans le cristal qui chante, on versera le vin de l’amitié. Pour oublier la tristesse des jours.
Et elle s’en est allée souriante de ma promesse. Aucun de nous ne savait que les anges avaient d’autres projets.
C’était comme une étoile filante. Un soupir douloureux dans la lueur d’un jour qui se lève.
(a Lucie)
Commentaire by Armando — 12 décembre 2025 @ 0:06