En vos mots 969

Ça y est, c’est le grand jour. Dans quelques heures, les meubles que j’ai conservés seront enfin déménagés. J’aurai donc dans les prochains jours une pièce consacrée à la lecture et à la musique, raison pour laquelle j’ai choisi pour ce dimanche cette illustration signée Dickon Drury, en espérant qu’elle vous inspirera. C’est avec plaisir que nous vous lirons dans sept jours, au moment où les commentaires seront validés.
D’ici là, prenez le temps de vous asseoir dans ce décor et de lire les trois textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier. Vous pouvez même les commentetr si vous le souhaitez!
Et bien sûr, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite.
On comprend que c’est un salon de lecture: il y a des étagères pleines de livres contre les murs et un fauteuil pour s’installer confortablement.
Puis on voit les détails de la table basse: des lunettes et un crayon, on pense à un monsieur qui aime annoter ses lectures.
Au moment où on se demande pourquoi tout le décor est violet, on remarque la tête de mort, les théières, les coupes, la boite à tabac et les cadres.
Alors on se dit que c’est beaucoup moins un salon de lecture qu’un Memento mori.
Commentaire by Adrienne — 17 novembre 2025 @ 8:14
Mes livres lus et à lire sont rangés, sagement, par thème ou format dans la bibliothèque aux portes vitrées. Les 33 tours de musique classique attendent le temps suspendu idéal pour tourner sur ma belle platine. La banquette aux coussins moelleux et colorés ne demande pas mieux que de m’accueillir. L’armoire remplie de papiers à aquarelles, de pinceaux, de tubes de peinture, de toiles à peindre,et tant d’autres objets pour mes activités manuelles. Tout, tout attends le temps propice pour reprendre goût à la création et celà depuis trop longtemps et peut-être bien jamais, dans la petite chambre transformée en salle de lecture et de repos.
Commentaire by LOU — 17 novembre 2025 @ 16:35
A ses heures perdues elle faisait tourner les tables, et scrutait les crânes de cristal. Mais le plus clair de son temps, elle le passait à dévorer des livres. Et quand elle ne lisait pas, elle ordonnait ses bouquins sur ses étagères. Cette dernière occupation requérait un temps considérable, vu qu’elle changeait fréquemment de mode de rangement. Aucun ne lui semblait idéal, celui qu’elle préférait étant par genres, et le plus pratique se révélant être par ordre de taille. Un jour, elle les avait disposés par couleurs. C’était bien sûr une option parfaite sur le plan esthétique, tout autant que du point de vue ludique. Mais cela représentait un choix par trop fantaisiste ne permettant pas de retrouver quoi que ce soit aisément.
Il était préférable que les ouvrages peu consultés se trouvent en hauteur. Et si nombre d’entre eux atteignaient le plafond, elle était par miracle arrivée à caser au même endroit son imposante collection de théières et de vases de Chine. Deux coupes gagnées lors de concours de nage avaient également pu prendre place dans cet espace en principe dédié à la lecture.
Grâce possédait bien quelques tableaux qui auraient pu garnir les murs. Mais cela aurait fait vraiment trop chargé, et elle avait préféré s’en tenir à une seule toile, afin de tenter un contraste quelque peu dépouillé. Mais en réalité, son principal motif de ne pas couvrir ce pan de mur, était qu’en secret elle nourrissait le projet de s’offrir bientôt un nouveau meuble de bibliothèque, qui s’avérerait très vite bien nécessaire.
Commentaire by anémone — 18 novembre 2025 @ 18:31
Les grands voyages démarrent toujours par un tout petit pas. Vers l’avant. Puis un deuxième, un troisième et des milliers d’autres viendront s’ajouter au fil des jours, des rencontres, des bonheurs et de quelques nostalgies taillées dans le silence où l’enfance vient quelquefois murmurer nos bonheurs perdus, auxquels on n’avait pas prêté d’importance.
Le cœur bat plus fort que de raison. Il se souvient qu’hier encore les jours s’en allaient, paisibles et heureux, nourris d’une éternité paisible. Comme si les meurtrissures du temps passaient, au loin, sans penser à nous. Alors qu’au fond de nous on le sait. Elles n’épargnent jamais personne. Dieu, s’il existe un, est un voleur de bonheurs.
Heureusement que rien ne se perd. Nos vies deviennent, un jour ou l’autre, des souvenirs. Vivants et tendres. On croit entendre le rire de celui qui avait les bonnes réponses à toutes nos mauvaises questions. À toutes nos peurs. Et qui veillait sur nous, comme un gardien de phare veille sur l’immensité du monde.
Et voilà qu’on se retrouve. Entouré de silences, de ce qu’il nous reste de l’enfance, de livres qu’on s’est promis de lire et qu’on lira un jour ou l’autre. Peut-être.
On regarde autour de soi. Un grand bol de chocolat brûlant entre les mains. Dehors c’est l’hiver. Et on se dit qu’on est exactement où l’on aurait toujours dû être.
Commentaire by Armando — 22 novembre 2025 @ 6:24
Dans l’alcôve mauve où le temps se retire, chaque dos de livre murmure un secret oublié.
Le tapis arc-en-ciel, jeté comme un pont sous la table de verre, défie la gravité des pensées et éclaire l’austérité.
Sur l’étagère haute, une armée de théières d’argent veille, silencieuses sentinelles des heures de lecture passées.
L’escalier plonge dans l’ombre, un puits vers l’histoire et les pages non encore tournées.
Entre le crâne et le trophée, un fragile équilibre entre la vanité du savoir et la mémoire de l’homme.
Les lunettes et le crayon, abandonnés sur le cercle transparent, attendent le retour du rêveur interrompu.
Commentaire by Lilou — 23 novembre 2025 @ 1:24